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Retrouvez toute l'information économique et financière sur notre application Orishas Direct à Télécharger sur Play StoreFace aux tensions croissantes autour du détroit d’Ormuz, Le
Caire avance ses atouts logistiques. Le ministre égyptien du Pétrole et des
Ressources minérales, Karim Badawi, a affirmé que l’Égypte dispose des
capacités nécessaires pour contribuer à la sécurisation des flux énergétiques
régionaux et faciliter l’acheminement du brut saoudien vers la Méditerranée.
Alors que le détroit d’Ormuz est bloqué depuis le 28 février
en fin de journée, paralysant l’un des principaux axes mondiaux du transport
d’hydrocarbures, le ministre a assuré que son pays n’a pas été affecté par ces
perturbations. Il a notamment mis en avant la diversification des sources
d’approvisionnement en gaz, en particulier en Méditerranée, ainsi que la mise
en service de deux unités flottantes de regazéification, un troisième navire
devant reprendre ses activités après maintenance dans le courant du mois.
Au cœur du dispositif égyptien figure le pipeline exploité
par Arab Petroleum Pipelines Company (SUMED). Lors d’une conférence de presse
consacrée aux répercussions des récents développements au Moyen-Orient, mardi 3
mars, Karim Badawi a souligné que cette infrastructure permet de transporter le
pétrole brut depuis le port saoudien de Yanbu, sur la mer Rouge, jusqu’à la
Méditerranée.
Mis en service en 1977, le SUMED relie le terminal d’Aïn
Sokhna, sur le golfe de Suez, à celui de Sidi Kerir, sur la côte
méditerranéenne, offrant une alternative au transit maritime via le canal de
Suez. « Le pipeline et le terminal de SUMED permettent de réceptionner et
d’acheminer efficacement d’importants volumes de brut vers la Méditerranée,
facilitant leur réexportation vers les marchés européens », a précisé le
ministre.
Cette option apparaît d’autant plus stratégique que le
détroit d’Ormuz, long d’environ 50 kilomètres, assure près de 20 % des
livraisons mondiales de pétrole et environ 25 % de celles de gaz naturel. Une
fermeture prolongée couperait notamment 85 % des exportations irakiennes ainsi
que la totalité de celles du Koweït, d’Oman et du Qatar.
Selon des sources du secteur pétrolier, le géant saoudien
Saudi Aramco étudie activement des alternatives pour contourner le détroit.
D’après des informations relayées par Reuters, certaines cargaisons de brut
léger arabe auraient déjà été redirigées vers Yanbu afin d’éviter la zone à
risque.
Outre le pipeline saoudien « Est-Ouest » reliant les champs
pétroliers de l’est du royaume à Yanbu, et le pipeline émirati «
Habshan-Fujairah » vers le golfe d’Oman, le SUMED égyptien s’impose comme un
maillon complémentaire essentiel pour maintenir la fluidité des échanges
énergétiques.
Karim Badawi a estimé que cette coopération « illustre la solidité des relations stratégiques entre Le Caire et Riyad » et renforce la position de l’Égypte en tant que hub régional de transit et de commerce de l’énergie. Dans un contexte de tensions géopolitiques aiguës, le pays entend ainsi transformer la crise d’Ormuz en opportunité stratégique.
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