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Financement des PMEs africaines : quand les banques et microfinances stimulent la croissance

28/11/2025
Source : ORISHAS FINANCE
Catégories: Secteurs

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Les petites et moyennes entreprises (PME) sont le moteur de l'économie africaine. Elles représentent environ 90 % du tissu économique et 40 % du PIB du continent. Les PME emploient plus de la moitié de la population active jusqu'à 60 % selon la Banque mondiale. Cependant, ces Micros-entreprises manquent cruellement de financements pour soutenir leur croissance, ce qui freine leur essor.  

 

Malgré leur importance, les PME africaines font face à plusieurs obstacles lorsqu’il s’agit d’obtenir des financements. Les estimations de la Banque mondiale montrent que 80 % des PME africaines n’ont pas accès au financement bancaire. En effet, le déficit de financement des PME en Afrique subsaharienne, estimé à plus de 300 milliards USD, compromet leur capacité à se développer, à embaucher et à améliorer leurs opérations. Cette situation freine la croissance et l’innovation dans la région, particulièrement face aux turbulences macroéconomiques et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. 

Lors d’un entretien avec Africa24, Didier ACOUETEY, Président de Africa SME Champions Forum – Togo a indiqué : « le capital de PME, que nous avons sur le continent, vous en avez très peu qui arrive à passer à l’échelle pour des problèmes d’organisation, d’accès au financement, d’accès à des marchés et de gouvernance de manière générale. On estime qu’à peine 20 % des financements des PME, proviennent du système financier traditionnel 80 % des PME, se débrouillent en matière de financement avec un déficit qu’on estime à plus de 300 milliards de dollars »

Les obstacles les plus récurent sont :

Accès limité au crédit bancaire : Les banques considèrent souvent les PME comme des investissements à haut risque, en raison d’un manque de garanties ou d’un historique financier insuffisant.

Coûts de financement élevés : Les taux d’intérêt pratiqués par les institutions financières sont souvent prohibitifs pour les petites structures.

Manque de diversification des sources de financement : En l’absence d’alternatives comme les fonds de capital-risque, les PME se tournent principalement vers les banques, qui sont parfois inaccessibles.

« Les petits entrepreneurs en Afrique sont rarement en mesure de satisfaire aux conditions fixées par les institutions financières. Les PME sont jugées risquées à financer par les institutions financières, en raison du manque d’informations sur les capacités de remboursement des entrepreneurs et de la faiblesse des garanties. Parallèlement, le système financier de la plupart des pays d’Afrique est sous-développé et offre donc peu d’outils de financement : les marchés des capitaux restent embryonnaires, l’actionnariat est limité et les instruments de financement à long terme sont inexistants pour les PME. Les intermédiaires financiers non bancaires, tels que les organismes de micro-crédit, pourraient jouer un rôle important dans les prêts aux plus petites des PME, mais ne disposent pas de capacités suffisantes pour suivre leurs clients lorsque ceux-ci se développent » fait savoir Céline Kauffmann, Auteure du magazine ‘’Le financement des PME en Afrique’’ dans ‘’Repères n°7 découle des Perspectives économiques en Afrique 2004/2005, une co-édition de la Banque africaine de développement et le Centre de développement de l’OCDE’’.

 

Les actions des banques et microfinances pour la croissance des PMEs africaines

 

Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) africaines représentent 90 % de l’économie africaine et génèrent plus de 50 % des emplois, a estimé le site d’information Africa24 dans son journal du 2 février 2025 sur le déficit de financement des PME en Afrique. En effet, les subventions sont des leviers essentiels pour soutenir leur croissance et innovation. Pour ce fait, de 2024 à 2025, plusieurs programmes internationaux proposent des aides financières et des ressources pour stimuler l’entrepreneuriat sur le continent. Il s’agit notamment du Fonds MasterCard Foundation pour une agriculture résiliente et prospère qui propose un programme de financement important, allant de 500 000 à 2,5 millions USD, pour les projets novateurs dans le secteur agricole. Ce fonds cible spécifiquement les initiatives axées sur une agriculture résiliente et durable, en mettant l’accent sur des modèles qui favorisent la prospérité des communautés locales tout en tenant compte des défis environnementaux.

Le Fonds fiduciaire multidonateurs pour l’entrepreneuriat des jeunes, fonds de le Banque Africaine de développement (BAD) vise à soutenir les startups dirigées par des jeunes et des femmes, en proposant une aide financière mais aussi un accompagnement technique. En investissant dans cette nouvelle génération d’entrepreneurs, le programme cherche à renforcer l’inclusion économique et à créer des opportunités d’emploi à grande échelle.

 

Afin de renforcer l'accès à des produits alimentaires abordables et de haute qualité au Maroc et en Côte d’Ivoire, IFC, Fipar Holding et CDG Invest Growth ont annoncé le 4 octobre 2024 un investissement dans Retail Holding, un acteur majeur de la distribution de produits alimentaires et de grande consommation basé au Maroc. Ce partenariat permettra à Retail Holding de développer ses activités au Maroc et en Côte d’Ivoire, notamment dans des régions moins desservies, de soutenir la création d’emploi et de contribuer au renforcement des chaînes d’approvisionnement alimentaires locales. 

 

Au Mali, la Société financière Internationale (IFC), une organisation du Groupe de la Banque mondiale consacrée au secteur privé a annoncé le 30 octobre 2025 la conclusion d’un partenariat avec la Banque nationale de développement agricole (BNDA) pour soutenir les petites et moyennes entreprises et stimuler la création d’emplois dans le secteur agricole malien. Le prêt d'un montant de 40 millions de dollars américains accordé par IFC permettra à la BNDA de doubler son portefeuille de crédit destiné aux petites et moyennes entreprises (PME) au Mali, pour atteindre plus de 270 millions de dollars au cours des cinq prochaines années. L'accent sera mis sur les petits exploitants agricoles, les coopératives et les entreprises orientées vers l’agriculture durable. Ce financement devrait générer entre 8 600 et 14 200 emplois directs et indirects au cours des cinq prochaines années, et accroître de près de 90 % le portefeuille de financements verts de la BNDA. 

 

En Côte d'Ivoire, l’IFC a annoncé le 20 mars 2025 deux investissements et un projet de services-conseils conseil en faveur de la Société Générale Côte d'Ivoire (SGCI), la Société Ivoirienne de Banque (SIB) et Bridge Bank Group Côte d'Ivoire (BBGCI). Ces investissements permettront de renforcer l'accès au financement de milliers de petites entreprises en Côte d'Ivoire, en mettant l'accent sur celles détenues et dirigées par des femmes. A l’occasion de la signature d’accord, Sérgio Pimenta, vice-président pour l'Afrique d’IFC a indiqué que « ces projets soulignent l'engagement croissant d’IFC en faveur d'une croissance économique inclusive et du développement en Côte d'Ivoire et faciliteront l'accès au financement pour les PME du pays, les aidant à se développer, à créer des emplois et à pénétrer de nouveaux marchés ».

 

Pour sa part, la Banque africaine de développement facilite l’accès au financement des Pme grâce aux institutions locales. D’après un document de l’institution, le Programme panafricain des Petites et moyennes entreprises (Pme) soutient les institutions financières africaines locales (If), afin d’être en mesure de fournir avec succès des financements pertinents au Pme et construire un portefeuille robuste et fiable. Ce programme cherche à identifier les demandes d’assistance des processus pour soutenir jusqu’à 25 institutions financières avec une enveloppe d’un montant total de 125 millions de dollars Us. Une partie sera consacrée aux institutions financières axées sur les femmes entrepreneures. A travers ce Programme panafricain des Pme, la Bad cherche à combler à la fois les lacunes du marché local, mais également la demande de financement entre les institutions financières et les Pme, de sorte que le financement soit plus facilement disponible pour le compte aussi bien des institutions financières que des Pme. Aussi, la Bad fournit des prêts pouvant atteindre un maximum de 50% du capital de l’emprunteur, y compris les bénéfices non répartis. Les lignes de crédit doivent être uniquement utilisées pour des prêts aux Pme. 

 

En Mauritanie, la Banque El Amana (BEA) et la Société Financière Internationale (SFI), membre du Groupe de la Banque mondiale, ont signé un accord de financement senior de 30 millions USD destiné à renforcer la croissance des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME). Cette opération marque une étape importante dans la consolidation de la BEA en tant qu’acteur national majeur de la finance inclusive, tout en réaffirmant son engagement pour un développement économique durable et à fort impact. Au moins 20 % de la ligne de financement seront spécifiquement consacrés aux entreprises féminines, témoignant de la volonté commune de la BEA et de la SFI de promouvoir l’autonomisation économique des femmes.

 

Par ailleurs, dans un contexte stratégique pour l’essor des PME de la zone UEMOA, la Compagnie Financière Africaine (COFINA) signe avec l’Institut Officiel de Crédit (ICO) du Royaume d’Espagne un partenariat à hauteur de 10 millions d’euros, soit plus 6,5 milliards de FCFA. Cet accord de prêt d’une durée de 7 ans a été signé depuis 2023 sous l’égide du Programme espagnol de financement de la microfinance en Afrique subsaharienne et appuyé par l’Agence Espagnole pour la Coopération Internationale au Développement (AECID), à travers le Fonds espagnol de promotion du développement (FONPRODE). Ce partenariat vise un double objectif. Celui d’améliorer l’offre à destination des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et de renforcer l'accès au crédit pour une meilleure inclusion financière des populations de la zone UEMOA.

 

Aussi, le Groupe COFINA en Côte d’Ivoire et au Sénégal et la BEI ont signé 14 septembre 2023 un protocole d’accord avec le soutien de la Commission européenne pour renforcer le développement de chaînes de valeur agricoles durables. Cet accord prévoit le déploiement de financements à long-terme de la BEI par COFINA Côte d’Ivoire et COFINA Sénégal, pour respectivement 16 et 10 millions d’euros, avec le concours du Fonds européen de développement durable plus (EFSD+). Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du nouvel Accord 2023-2027 entre la Commission européenne et la BEI pour le financement du secteur privé en Afrique. A travers cet accord, environ 6 000 emplois de Petites et Moyennes Entreprises (PME) et d’Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) seront soutenus grâce aux financements COFINA en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

 

De son côté, le Centre de Promotion et d'Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (CePEPE) a donné le coup d'envoi le 29 juillet 2025, au Bénin, d'une formation essentiellement dédiée à la préparation des dossiers de soumission aux appels d'offres. Cette initiative s'inscrit dans une volonté d'accompagner les PME/PMI dans la maîtrise des procédures administratives et techniques nécessaires à une réponse efficace aux marchés publics.

 

La Société financière internationale (SFI) prévoit d’accorder une garantie de 120 millions de dollars au groupe de microfinance BAOBAB pour couvrir les risques liés aux prêts accordés aux petites et moyennes entreprises (PME) dans six pays africains. Il s’agit du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, de Madagascar, du Mali et du Sénégal. Cette facilité de crédit réparti entre six filiales du groupe de microfinance devrait être examinée, lors du conseil d’administration de l’institution financière prévu le 17 décembre 2025. L’objectif principal est d’améliorer l’accès aux services financiers pour les entreprises non ou mal desservies, notamment les microentreprises, les PME et les entreprises détenues par des femmes. Ledit projet repose sur deux fonds distincts. Le fonds de soutien agricole, pouvant atteindre 70 millions de dollars. Il permettra à la SFI de garantir jusqu’à 70 % d’un portefeuille consolidé de prêts destinés aux petits exploitants agricoles, aux coopératives, aux PME agricoles et aux acteurs intermédiaires de la chaîne de valeur. Et le fonds de soutien aux PME, d’un montant maximal de 50 millions de dollars, couvrira quant à lui 50 % d’un portefeuille de prêts aux PME.

 

Pierrette COLICO


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